Après deux années d’accès difficile aux marchés internationaux de capitaux, marquées par une remontée brutale des taux d’intérêt globaux et une aversion accrue au risque émergent, plusieurs États africains ont réussi à émettre des eurobonds en 2024.
Un retour sélectif, pas un retour généralisé
Les émetteurs qui ont pu accéder aux marchés internationaux sont ceux dont le profil de risque était jugé suffisamment solide : des pays disposant de programmes FMI actifs, de trajectoires de consolidation budgétaire crédibles, et d’une relative stabilité politique. Ce n’est pas le cas de tous les États africains.
Des spreads encore élevés
Les conditions obtenues restent significativement plus coûteuses qu’avant le cycle de resserrement monétaire mondial. Les spreads sur les eurobonds africains demeurent élevés en termes historiques, reflétant une prime de risque que les marchés maintiennent sur la dette souveraine du continent.
Ce que cela implique pour la gestion de la dette
Pour les trésoriers des États et leurs conseils, la fenêtre d’émission doit être saisie avec discernement. S’endetter à des taux élevés pour financer des dépenses courantes constitue un risque de soutenabilité à moyen terme. En revanche, lever des ressources pour financer des projets d’infrastructure à fort rendement économique reste une opération qui peut se justifier.
La gestion active du profil de remboursement — en évitant les pics de remboursement et en diversifiant les créanciers — est désormais une priorité pour les pays qui ont accès aux marchés internationaux.