Analyses

Gestion d’actifs en Afrique subsaharienne : état des lieux et perspectives pour 2025

mars 10, 2026 Malick AMADOU 2 min de lecture

Le marché de la gestion d’actifs en Afrique subsaharienne connaît une mutation profonde. Entre montée en puissance des fonds locaux, exigences croissantes des investisseurs institutionnels et pression réglementaire, le secteur entre dans une phase de maturité inédite.

Un secteur en pleine structuration

Pendant longtemps, la gestion d’actifs sur le continent africain a été dominée par des acteurs étrangers, souvent déconnectés des réalités locales. La dernière décennie a vu émerger une nouvelle génération de sociétés de gestion — indépendantes, ancrées localement, et dotées d’expertises pointues sur les classes d’actifs africaines.

Cette évolution traduit une double dynamique : d’un côté, l’essor d’une épargne institutionnelle (caisses de retraite, compagnies d’assurance, fonds souverains) qui cherche à optimiser ses allocations ; de l’autre, une demande accrue de transparence et de gouvernance de la part des investisseurs internationaux.

Les classes d’actifs qui s’imposent

Les obligations souveraines restent la colonne vertébrale des portefeuilles institutionnels africains, portées par des rendements attractifs dans un contexte de taux élevés. Mais on observe une diversification progressive vers les instruments de dette privée, les fonds d’infrastructure et les actifs alternatifs.

Les marchés actions, longtemps boudés pour leur faible liquidité, regagnent en intérêt à mesure que les bourses régionales — notamment la BRVM en zone UEMOA — consolident leurs infrastructures.

Les défis structurels persistants

Malgré ces avancées, des obstacles demeurent. La profondeur des marchés financiers reste limitée. L’accès à l’information et à la donnée financière fiable constitue encore un frein majeur à l’analyse rigoureuse. Et la fragmentation réglementaire entre États complique la constitution de véhicules d’investissement régionaux.

Perspectives 2025

L’horizon est porteur. Les projections tablent sur une croissance à deux chiffres des actifs sous gestion en Afrique subsaharienne d’ici 2030. Les pays dont les systèmes de retraite par capitalisation se renforcent — Côte d’Ivoire, Kenya, Rwanda — devraient tirer cette dynamique vers le haut.

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